«The Clash est un groupe mythique. Mais derrière le mythe se cache une histoire qui, débarrassée du strass et des paillettes, revèle une réalité aux antipodes des clichés rock.Toutefois, le plus impressionnant, c'est la gigantesque influence que le groupe a générée et génère encore plus de trente ans après sa formation...
The Clash, c’est l’histoire d’une réalité tangible faite de para­doxes et d’impasses. Celle d’un vertige mêlant sans relâche les méandres à l’envol, les crises existentielles et idéologiques à la rage infaillible. »

Jean-Philippe Gonot met en évidence les impasses, les contra­dictions, les conflits entre les membres, mais aussi entre des notions comme celles de popularité et d’intégrité, de « combat rock » politique et de « règles économiques ». Il démontre qu’il y a « quelque chose d’inévitable dans l’aventure de The Clash, quelque chose frôlant l’absolu. Quelque chose qui dépassera à jamais ses quatre principaux acteurs. L’idée peut-être qu’à certains moments, l’Histoire vous choisit. »
 
 
The Clash
Sortie : le 26 février 2010
Pages : 256
Prix : 14 €
Pour commander le livre :
 
Chèque bancaire de 14 € franco de port, adressé à :
 
Castor Astral Editions
52 rue des Grilles
93500 Pantin
 
 
Extraits :
 
… Une histoire nourrie de ses propres conflits, de ses caprices, de ses ratés, de sa puérilité, de son arrogance parfois aveugle, de tout ce qui fait d’une personne un être plein et entier. « Une personne », car The Clash, malgré les nombreuses discordes internes, c’est un état d’esprit. Une union créatrice entre quatre personnages, quatre personnalités, quatre combattants portant les mêmes armes ; des six cordes et des cymbales, des tripes et des mots : Joe Strummer, Mick Jones, Paul Simonon et Topper Headon.
The Clash ou « la figure du cri »[1].
Un regard sur le monde et ses choses. Une parole.
Chanter l’orage et la révolte à coups de plume et de plomb.
Le métissage des cultures et des peaux.

Le mélange jusqu’à l’arc-en-ciel de tous les styles musicaux.
Sur la route, sur les scènes du monde jusqu’à en mourir.
Jusqu’à imploser.
Météore endiablé.
Enragé.
Implosion. Explosion dans les cieux, les galaxies, là-haut, tout là-haut pour donner naissance à une pluie de cendres, incandescence rebelle tombée dans les esprits.
« No Future ! » clameront quelques précurseurs choisis ou autres boucs émissaires.
Crachons-leur que ça commence à peine.
Qu’on est loin encore de pouvoir jauger l’ampleur des dégâts et merveilles commis par le groupe.
Crachons-leur que l’Histoire n’a aucun sens mais que le chaos donne parfois naissance à la fleur.
L’anarchie est la pire pensée politique, c’est écrit dans les livres propres.
C’est aussi et surtout la seule qui ait des ailes.
Alors Volons !
Volons au vent colère et insoumis de Villon car The Clash est un groupe de bandits et son chanteur un poète brigand, trafiquant d’armes et de mots, transformant chaque concert en insurrection ; l’incarnation brutale d’une prise de conscience qu’aucune prise de pouvoir ne peut égaler.
Celle qui dit simplement que l’homme est debout et que personne ne peut le forcer à s’agenouiller.
Celle qui dit simplement que « le futur n’est pas encore écrit »[2] et que l’encre coule dans nos veines…
(Page 11)
 
… « Avec « Police and Thieves », on n’a pas essayé de faire du « vrai » reggae, on voulait juste jouer le morceau à notre sauce, avec nos racines. »
Cette reprise d’un standard reggae est une première « fissure » faite à un carcan punk que l’on sent déjà trop étroit pour le clan. « Une fissure », une ouverture qui annonce déjà que le quatuor ne pourra se contenter « des règles et de l’éthique » d’un courant qu’il est déjà en train de dépasser. Toute l’histoire de Clash sera nourrie de cette insatiable curiosité qui ne cessera d’animer ses musiciens. Curiosité pour la musique, pour toutes les musiques. Curiosité politique et culturelle. Les albums qui suivront en seront la preuve rayonnante. Dès sa naissance, et malgré les difficultés internes dues à des manques techniques et à l’absence d’un batteur fixe, le groupe possède, à travers les personnalités de ses membres, un vivier débordant d’idées et d’envies qu’aucun mouvement, qu’aucune mode ou tendance ne saurait contenir. Un vivier qui l’amènera sans relâche à explorer de nouvelles pistes, à tenter des expériences artistiques des plus périlleuses, à s’engager sur des terrains que personne n’aurait pu croire accessible à un groupe issu du punk. Il démontrera par là qu’il n’existe, et qu’il ne doit en aucun cas exister, de frontières dans le monde de la création artistique. The Clash est un groupe punk, un groupe rock, mais il doit sa personnalité et son identité à une multitude de styles de musique. Styles qu’il honorera à sa façon en reprenant une grande variété de titres, ou en laissant filtrer de nombreuses influences à travers ses propres compositions. Sa musique sera une construction permanente de ponts entre les cultures et les courants, entre les âges et les peuples. Là résidera la force majeure de son message politique…
 
(Pages 141-142)


[1] Paul Sanda Elle saigne à la lanterne, Syllepse 2002.

[2] The Future is Unwritten, film biographique consacré à Joe Strummer, réalisé par Julien Temple, Suureal Distribution, 2007.